Je revois les premières conduites intérieures Fiat, de Marcel Pesce et de Joseph Cervera du "café des amis". Même Gabriel Torrent, grand blessé de guerre, conduisait une Peugeot, avec commande adaptée à son infirmité. Je me souviens de la belle voiture familiale Chenard et Walcker de la famille Dabadie.
On voyait les premières Ford T, "hautes sur pattes" qui venaient d'Amérique.
Le Maire M. Eugène Rosfelder, arrivait à la mairie au volant d'un superbe cabriolet Sport Salmson qui faisait l'admiration des jeunes.
Enfin comment ne pas me souvenir de la grande et luxueuse "Minerva" de M. Brunet, un riche propriétaire. Son chauffeur antillais le conduisait tous les jours au village, pour faire une partie de cartes. C'est précisément avec cette voiture, fabriquée en Belgique par la célèbre marque anglaise Rolls-Royce, que j'ai eu mon premier accident, heureusement sans gravité. J'ai été tamponné à l'arrière. C'est le pare-choc avant de la "Minerva" qui a été le plus endommagé!
Comme secrétaire de mairie, j’étais sollicité par plusieurs associations. D’abord par le Comité des Fêtes chargé d’organiser les trois jours de festivités qui se tenaient le dernier week-end de juillet.
La fête du Cap c’était un événement important. Une foule énorme venue aussi des villages voisins se pressait autour des baraques foraines et des manèges.

Marc Boronad a décrit avec talent et avec beaucoup de nostalgie ce souvenir qui a marqué son enfance du temps de sa mère et de sa grand-mère. Pour moi c'est aussi un souvenir de jeunesse inoubliable. Le clou de ces manifestations, c'était bien sûr le bal sur la place publique. Toute la jeunesse du Cap et des environs s'y retrouvait, mais aussi les parents.
Assises tout autour sur des chaises, les mamans surveillaient, du coin de l'œil, leurs filles dans les bras de leur cavalier.
L'orchestre, au centre sur une estrade jouait les danses à la mode : java, tango, valse, one-step et même quelques couples s'enhardissaient à danser le charleston, cette danse nouvelle venue d'Amérique, avec le jazz.
Les plus anciens dansaient des danses plus langoureuses comme le slow ou le tango. Pour danser, le cavalier enlaçait la fille par la taille, la cavalière posait délicatement son bras sur l’épaule du cavalier… Brusquement, la Marseillaise retentissait, c’était le maire ou son adjoint qui arrivait, une haie d’honneur se formait, on applaudissait ou on sifflait. Vers 1936, la réception du maire prenait une tournure plus politique…